Témoignages de nos lauréats 2003-2004 et 2002-2003
Les premières impressions des lauréats 2003-2004 :
Emmanuelle de Pooter - LL.M. Environmental Law - Golden Gate University, San Francisco, CA
"Les expériences les plus marquantes
Les professeurs sont tous des praticiens, directeurs ou associés de cabinets d'avocats spécialisés en Droit de l'Environnement. Cela favorise l'apprentissage pragmatique et efficace de ce Droit souvent mal connu ou mal servi en France. De plus, ces professeurs sont engagés dans des mouvements pour la protection de l'Environnement, et leur enthousiasme et leur passion sont contagieux ! Grâce à la Clinique de Droit de l'Environnement de l'Université ou de stage dans ces cabinets juridiques, les professeurs guident les étudiants qui travaillent " pour de vrai " sur des cas réels pour le compte de " vrais " clients. Cette expérience unique est pour moi une formidable opportunité : je peux enfin fourbir mes armes de juriste au contact de vrais problèmes environnementaux pour le compte de communautés souvent défavorisées et particulièrement exposées. Que peut-on imaginer de plus valorisant ?
De plus, je me suis engagée au sein de l'Environmental Law Society de la Golden Gate University. Cette association regroupe les étudiants passionnés par le Droit de l'Environnement et désireux de s'investir davantage dans ce domaine. Nous avons organisé au mois d'octobre un colloque dont les invités venaient de l'ensemble du territoire américain et qui a rassemblé une centaine de personnes autour de la nouvelle politique environnementale du Président Bush.
Au sein de cette association, j'essaie d'établir une collaboration entre les étudiants du LLM de Droit de l'Environnement de la Golden Gate University et ceux du DEA de Droit de l'Environnement de Nantes autour de problématiques touchant au Droit de l'Environnement, notamment international. Cette collaboration pour l'instant informelle débouchera, je l'espère, sur une coopération plus institutionnelle entre les deux programmes, favorisant l'échange de connaissances et de vues entre étudiants sur les politiques et droits environnementaux des deux pays et afin de faciliter les études de droit comparés qui sont toujours si enrichissantes.
Etre un Fulbright Scholar…
… c'est être accompagné par le prestige d'une bourse renommée mais aussi se montrer à la hauteur du crédit qui lui est attribué.
En tant que boursière Fulbright, je bénéficie de conditions d'études exceptionnelles à la Golden Gate University : liberté totale dans mes choix académiques, intérêt accru et confiance de mes professeurs, opportunités universitaires et professionnelles.
Mais en tant que boursière Fulbright, je dois aussi relever ces défis et exploiter ces opportunités dans l'esprit du Programme Fulbright. Je dois bien sûr obtenir le diplôme que je suis venue chercher ici, et mener à bien mes recherches, mais ce n'est pas tout. Utiliser mes connaissances juridiques pour la protection de l'Environnement au bénéfice de communautés défavorisées, participer à un mouvement de rapprochement et de coopération entre étudiants français et américains dans le domaine du Droit de l'Environnement, sont les fins auxquelles ma bourse Fulbright doit aussi servir."
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L'année universitaire 2002-2003 a été très particulière pour les étudiants et chercheurs français aux Etats-Unis. Nous leur avons demandé comment ils avaient vécu cette période de tension diplomatique. Bilan très instructif.
Bruno DUPRE, MPA, Kennedy School of Government, Harvard U.
Quel rôle pour l'étudiant français Fulbright ?
Une relation transatlantique qui se mérite.
Il ne faut pas se le cacher: le ressentiment à l'égard des Français est grand et pas seulement au niveau du gouvernement américain. Professeurs et étudiants étrangers se posent la question du jeu français et nous renvoient la balle sur nos propres intérêts économiques dans la région. Nous donnons parfois l'impression que le seul objectif de la diplomatie française est de faire obstacle à la diplomatie américaine quitte à s'allier avec des pays peu recommandables. La France ne semble motivée au fond que par une chose: elle-même ou plus exactement la redécouverte d'elle-même. Le reste, qu'il s'agisse de l'Europe, de la relation transatlantique, du dialogue Nord/Sud n'est que rhétorique.
Rien de tout cela n'est juste et il convient, en tant que Français et tout particulièrement en tant que Fulbright, de s'en expliquer au mieux. S'expliquer sans dramatiser. On ne peut, par exemple, comprendre la position française si l'on ne sait pas que pour la France l'intervention de l'OTAN au Kosovo sans passer par les Nations Unis est l'exception qui doit confirmer la règle. On ne peut comprendre la position américaine si l'on ne sait pas que pour les Etats-Unis l'intervention de l'OTAN au Kosovo constitue au contraire un précédent qui justifie l'intervention en Irak. Il s'agit bien de deux conceptions différentes du droit international (common law/civil law) et non pas, comme on a pu le croire, d'une croisade " unilatéraliste " des Américains. Les Etats-Unis ne sont pas moins responsables de la place du droit international dans le monde que les Français!
Le rôle des Français
Finalement, la France est dans une position que bien des pays envient: celle d'un pays qui ose dire ce qu'il pense et qui a toujours su se placer à égale distance des Etats-Unis et de l'Union Soviétique. Celle d'un pays avec une identité forte. Les Etats-Unis nous respectent pour cela, même s'ils ne nous comprennent pas toujours. C'est la raison pour laquelle la France a une place toute particulière dans la relation transatlantique. C'est la raison pour laquelle, tout au long de l'année, j'ai tenté, avec plus ou moins de succès, de jouer le rôle que l'on attend de nous : celui d'un ami fidèle et exigeant.
Une année passionnante ! !
Eric DANAN , Economie -Northwestern U.
Etre français aux Etats-Unis, avant, pendant, et après la " crise irakienne "
Bien que je me sois largement intégré à mon environnement américain depuis mon arrivée à Chicago, début septembre 2002, mon statut d'étranger, et plus particulièrement de Français, est resté une composante importante des relations que j'ai nouées ici. A cet égard, j'ai constate des évolutions liées au déroulement de la crise irakienne.
Tout d'abord, je voudrais souligner que j'ai constamment rencontré des situations diverses : j'ai fait face à de l'intolérance avant la crise et à de l'ouverture d'esprit après Mais d'une façon générale, il est clair que j'ai eu de moins en moins d'occasions de partager ma culture et celle des Américains que j'ai rencontrés. Rien n'a changé avec mes amis, c'est vis-à-vis des personnes rencontrées occasionnellement dans le train, au café, etc. que j'ai constaté une dégradation. Le processus ne s'est pas déroulé progressivement, il a pris de l'ampleur subitement, aux alentour de février 2003.
Mes premiers mois ici ont été riches en échanges. J'ai débarqué dans une société aux règles et modes de vie différents de la mienne et m'y suis adapté ; j'ai fait connaissance avec des " locaux " de divers horizons et les questions s'échangeaient naturellement. J'ai été heureux d'apprendre, et de dissiper les différents clichés qui ont cours à propos de la France (les escargots, la douche…). En tant que " Fulbrighter ", j'ai été d'autant plus écouté, à tel point que certains en étaient même intimidés !
S'il a été facile de faire passer les messages généraux, relatifs aux différences d'organisation de nos sociétés et de mentalités générales, j'ai eu moins souvent la chance de faire passer le message que je considère comme le plus important, à savoir que les Français, comme les Américains, ne sont pas tous comme ci ou comme ça, mais sont une collection d'individus différents […]
C'est cette faculté d'apprécier chaque personne au-delà de sa culture et de ses opinions qui a cruellement fait défaut au moment ou l'image de la France s'est subitement dégradée. Alors que c'est peut-être sur ce plan que mon expérience a été la plus enrichissante, c'est aussi sur ce plan que je pense avoir le moins contribue à la compréhension mutuelle, et à ce jour la meilleure contribution que j'ai trouvée consiste à montrer par l'exemple que je n'émets pas de tels jugements. Ca n'a pas toujours été efficace, mais je pense que dans ce domaine les mots peuvent difficilement remplacer un véritable voyage.
Augustin FLORY - Master of International Affairs, 2004
School of International and Public Affairs - Columbia University
L'importance des échanges culturels et en particulier du programme Fulbright ne peut qu'être soulignée au regard de la profonde crise que traversent les relations franco-americaines depuis presque une année. Cette crise, nourrie au niveau individuel par la méconnaissance profonde de l'autre, réduit chaque individu à sa nationalité, chaque nation aux positions prises par ses dirigeants et ces positions à la couverture qui leur est donnée dans une presse plus ou moins bienveillante selon les cas.
Mon séjour a l'Université de Columbia m'a permis en premier lieu de mieux comprendre les Etats Unis, leur histoire et leur politique intérieure. Il m'a permis de mieux connaître les mentalités et la psychologie américaines, même si étant à New York et à Columbia en particulier, j'ai été exposé à un milieu privilégié et peu représentatif de la population américaine. A travers mes lectures et mes conversations, que ce soit avec mes professeurs, mes collègues, et les nombreux intervenants extérieurs qui ont défilé à l'université tout au long de l'année ou que ce soit avec des connaissances en dehors du monde académique, les commerçants et chauffeurs de taxis, j'ai appris énormément de choses que l'on ne perçoit pas à travers les médias lorsque l'on vit à l'étranger. Cette meilleure compréhension me permet d'avoir une communication de bien meilleure qualité avec mes interlocuteurs américains. J'espère que d'une certaine façon, à travers ma correspondance avec mes amis français et ma famille, j'ai pu contribuer à améliorer leur compréhension de ces questions importantes. […]
Les préjugés, souvent ancrés au plus profond de nous-mêmes, ont la peau dure et ne disparaissent pas au terme d'une conversation. La meilleure arme pour les combattre reste la connaissance de l'autre et la confiance. A cet égard, il m'est beaucoup plus facile de parler aujourd'hui avec mes collègues américains de la position de la France sur la guerre en Irak qu'il y a 9 mois, quand nous nous connaissions a peine. L'autre façon de combattre les préjugés et les malentendus est bien évidemment l'information. Je me suis efforcé depuis le début de l'année d'envoyer à une liste d'amis et connaissances ici à New York un flux constant d'informations venant d'Europe et présentant une vision alternative des problèmes qui nous préoccupent. Je sais que cette information - peu diffusée aux Etats-Unis - leur a permis de mieux comprendre les fondements des différentes opinions exprimées par les Européens, le but n'étant pas de convaincre a tout prix mais avant tout de compléter une information plus que partielle sur un grand nombre de choses.[…]
Thierry BRASSAC - Exploratorium, San Francisco
Projet: réalisation d'un support numérique interactif montrant le développement embryonnaire d'un amphibien (ovule du têtard)
Collaboration : obtention de matériel biologique de l'université de Berkeley.
L'environnement en personnel et moyens techniques ainsi que la proximité de grandes universités comme Berkeley, ont permis de réaliser un document DVD achevé dans un délai record. Je ne dispose pas actuellement des moyens me permettant de réaliser de tels projets à l'université de Montpellier. Séjour extrêmement profitable au point de vue humain et professionnel, échange fructueux et enrichissant.
Jean-Paul RETI - sculpture - Colorado (Atelier de Jean Clagett), Arizona (Atelier de Michel Goodwin) et, New York (Sarah Lawrence College)
J'ai donné des conférences dans plusieurs institutions dont le College of Aeronautics à New York. Quelque chose d'intéressant s'est produit à cette occasion. Lorsque la direction m'avait donné son accord pour la conférence, je ne savais pas que cela allait déclencher une semaine culturelle au College. Il m'ont dit avoir pris goût à l'idée d'organiser dorénavant au College tous les ans une semaine culturelle. Une exposition de peinture d'un peintre new yorkais a été organisée simultanément à ma conférence et projection. Je suis assez fier d'avoir déclenché cela dans cet établissement. J'ai ensuite assuré des conférences à Arizona State U. Le succès de ces interventions m'a valu une invitation à l'Alliance Française, puis à Phoenix,puis à nouveau à ASU. Je pense avoir répondu à la demande faite aux Fulbrighters : échange de savoirs là où on peut, quand on peut.
Jeannette GREGORI, Professeur d'échange- Archmere Academy, Claymont, DE.
"From a personal point of view, I felt I was put under a lot of pressure because Archmere Academy is a demanding school and they expect exceptional results from their students. As a teacher, I felt responsible for these results. However, I received throughout the year tokens of encouragement and support, gifts, gift cards, invitations, favours of different kinds from my students and my colleagues. […]
I have been involved in lots of activities related to the promotion of French culture and language in Delaware and Pennsylvania, with the American association of Teachers of French, with the Alliance Française. I gave a speech during the French Honor society ceremony, I organized French club activities (Mardis Gras, French foods, songs, movies..)
During the Fulbright Conference in October 2002, I visited Washington Lee High School in Arlington and it was an enriching experience. The different language teachers we observed used varied educational methods and they were extremely willing to spend time with us talking about their professional experience and strategies. I have kept in touch with Professor Akache and we have exchanged material throughout the year. […]
I have definitely grown professionally and I have used new technologies throughout the year. I have worked within a team of language teachers so we have had lots of meeting, interactive activities..
From a personal point of view, I have learnt how to spend more valuable time with my colleagues, how to get to know them and develop true human relationship.
Autres témoignages :